Et pourtant... Le premier set ressemble à un sursis permanent. Toujours poussé au moins à 30/30, Isner s'en sort systématiquement par la grâce de son service à vous démonter le poignet (71% de premières !). En face, Federer joue tranquille sur ses propres engagements mais ne s'arrache pas plus que ça pour venir chatouiller le grand bazooka US qui l'arrose de missiles du haut de ses 205 centimètres.
Culotté, Isner embarque Federer au tie-break avant de l'estoquer 7 points à 4. Premier set abandonné par Federer dans cette édition et première surprise. Bon, le numéro un mondial ne tergiverse pas longtemps. Il serre les boulons, retourne les boulets et embarque Isner dans des échanges éreintant pour emporter le deuxième set (6-2). Malgré une tentative de résistance à l'énergie, au prix de risques inconsidérés, Isner perd le troisième set (6-4) avant de laisser s'envoler définitivement le patron (6-2).
Lopez en vue
Au final, Federer, malgré la perte de la première manche, peut se montrer satisfait : ses jambes sont là, la constance aussi (10 fautes directes seulement), ainsi que le service (63% de premières, plus de 3 points sur 4 gagnés sur son engagement, et 10 aces en sus). De quoi aborder sereinement la suite, à savoir l'Espagnol Feliciano Lopez en 1/8 de finale, stade de la compétition qu'il atteint pour la septième fois d'affilée à New York.
La méfiance sera pourtant de rigueur contre ce serveur-volleyeur gaucher. Néanmoins, le tenant du titre peut sereinement envisager une quatrième couronne d'affilée à Flushing Meadows (inédit sous l'ère Open), un troisième petit chelem, un quatrième doublé Wimbledon-US Open, une 12e levée du Grand Chelem... Bref, bousculer un peu plus encore l'histoire du jeu. Isner, à sa façon, venait d'en faire autant